Exposition 2026 Tiffany d'aujourd'hui

Du 4 avril au 1er novembre, Tiffany d’ Aujourd’hui présente dix ateliers qui s’approprient la technique Tiffany
née au 19ème siècle aux États-Unis.
Pauline Le Goïc, Laure Forêt, Marina Gélineau, Anaëlle Pann, Françoise Théallier & Philippe Riffaud, Gaëlle David,
Aline Thibault, Serge Elphège, Salomé Crumière, Isabelle Constant.

Tiffany d'Aujourd'hui 

Le Musée du Vitrail reconduit son exposition temporaire consacrée à la technique Tiffany. Née à la fin du XIXe siècle aux Etats-Unis, cette technique est toujours pratiquée et revisitée dans des créations contemporaines. L'exposition présente plusieurs ateliers et leurs œuvres, à l'étage du musée, sous des formes variées, luminaires, sculptures, vitraux et installations. Elle vise à redonner à cette technique ses lettres de noblesse, en faisant découvrir comment les ateliers d'aujourd'hui se l’approprient

Commentaires du livre d'or 2025 :

 C'est une des plus belles expos que j'ai vue dans la région depuis 10 ans ! 

Travail fascinant... Le résultat est envoûtant et laisse rêver. Félicitations aux artistes et merci de nous donner à voir ces magnifiques réalisations. 

Le travail est fabuleux et laisse libre cours à l'interprétation. Un moment d'arrêt et d'apesenteur. Merci aux artistes pour ces belles créations. 

Vous l'avez aimée, vous avez été émerveillés. Nous l'avons gardée pour la saison 2026 ! 

Venez, découvrir ou redécouvrir, l'exposition Tiffany d' Aujourd'hui, au travers les créations actuelles de Pauline Le Goïc, Laure Forêt, Marina Gélineau, Anaëlle Pann, Françoise Théallier & Philippe Riffaud, Gaëlle David, Aline Thibault, Serge Elphège, Salomé Crumière et Isabelle Constant. 

Montage de "370000 ans avant le Big Bang" de Pauline Le Goïc

Qui sont-ils ?

Installée en Bretagne depuis 2015, Pauline le Goïc explore les vastes possibilités de l’Art du vitrail au travers des travaux expérimentaux. Elle relève des défis en créant des pièces où se mêlent les enjeux esthétiques de la performance aux enjeux techniques. 

370 000 ans après le Big Bang, est une installation composée d’une sculpture murale et d’une sphère ajourée. Traditionnellement, l’usage du Tiffany est vu comme la manière quasi-exclusive d’obtenir des formes en trois dimensions. Dans ses sculptures murales, Pauline Le Goïc détourne cette vision.

Dans la sculpture murale, la transparence est rompue au profit de la mise en évidence de l’assemblage, du graphisme et de la multiplication des fragments.Il s’agit d’une œuvre extra ordinaire dans la mesure où une création Tiffany de cette dimension est inhabituelle. En effet, l’installation s’étend sur une cloison entière et l’ensemble est composé de plus de 5 000 chutes de verre, 9000 soudures et plus de 5 kg d’étain.

Pour la sphère, elle finalise l’installation en apportant un objet en volume ajouré. L’équilibre du montage se joue entre les pleins et les vides, avec l’ajout de tiges soudées à l’étain sur certains emplacements de la pièce. Cela complexifie le travail et montre une maîtrise de la technique Tiffany revisitée.

Les thèmes de l’astronomie et de l’astrophysique sont développés depuis plusieurs années dans le travail de Pauline Le Goïc. Ici, elle s’inspire d’une “vue d’artiste”. C’est ainsi que se nomment les dessins des scientifiques qui représentent des éléments d’astrophysique encore non-observés.

370 000 ans après le Big Bang serait l’âge estimé de notre univers, où les couleurs ont pu apparaître. Avant, l’Univers était trop dense pour que la lumière s’y diffuse et que la couleur s’y déploie.

 

Atelier Armorique Vitrail [ 22300 Ploubezre ]

Installée à Poitiers depuis 2007, Marina Gélineau a fait son apprentissage de vitrailliste puis de peinture sur verre chez Philippe Riffaud et Françoise Théallier de l’Atelier Vitrail Saint Joseph. Sa source d'inspiration de prédilection est la nature et ses différents aspects et elle aime chercher de nouvelles techniques à intégrer à son travail.

La série des quatre coraux de verre est un véritable microcosme peuplé de crevettes, d’hippocampes ou de méduses, peintes à la grisaille sur de minuscules chutes de verre.

La technique Tiffany a permis de concevoir ces sculptures aériennes composées de branches de corail libres de tout support. La délicatesse des organismes est mise en évidence en utilisant la transparence du verre et son apparente fragilité. Les branches de verre se soutiennent mutuellement et constituent une couronne de verre et de métal. Chaque élément est nécessaire à l’autre comme dans la colonie des animaux (polypes) qui composent les coraux.

La base de verre fusionnée de ces sculptures n’est finalement pas nécessaire au maintien de la pièce. Elle apporte surtout une finalité esthétique.

Atelier Vitrail Marina Gélineau [ 86000 Poitiers ]

Installé depuis 1997 dans les anciens bâtiments de l’école St Joseph à Ruffec en Charente, l’Atelier Vitrail Saint-Joseph est dirigé par Françoise Theallier et Philippe Riffaud. Tous deux distingués comme faisant partie des Meilleurs Ouvriers de France, Françoise et Philippe se complètent parfaitement.

La lampe Libellules est une pièce réalisée par Françoise Théallier en 2001.  C’est une copie authentique, c’est à dire montée avec un moule certifié Tiffany et des verres américains ; où toutes les caractéristiques des lampes d’époque sont reprises.  

Les lampes Tiffany se distinguent par leurs abat-jours en verres colorésauxmotifs florauxetorganiques. Contrairement aux lampes traditionnelles, les lampes Tiffany étaient des objets d'art fonctionnels, alliant beauté et utilité. Leurs créations découlent de l’apogée de l’Art nouveau et de la commercialisation de l’électricité.

Alors qu'il avait toujours été admis que Louis Comfort Tiffany était le concepteur de ces lampes, il apparaît que c'est Clara Driscoll, Chef d'atelier des Tiffany Girls, qui en est à l'origine en concevant notamment les lampes Wisteria (Glycine), Dragonfly (Libellule), Peacock (Paon) et Daffodil (Jonquilles).

Une lampe Tiffany peut se reconnaître grâce à des particularités caractéristiques. Le verre est un verre opalescent, fruit d'une innovation technologique travaillée par Louis Comfort Tiffany et John Lafarge dans les ateliers de verre de Brooklyn vers 1870. Ce verre n'est pas transparent, mais translucide. Il peut, par conséquent, être vu avec, et sans lumière traversante.

 

[ Atelier Vitrail Saint-Joseph 16700Ruffec ]

Installée depuis 2007 à Anvers, Laure Forêt est originaire de Mayenne. Fille d’agriculteurs, la nature est un élément essentiel de sa vie personnelle et professionnelle. Pluridisciplinaire, elle s’intéresse à toute les formes de techniques artisanales. 

Sept vitraux sont présentés dans l’Exposition ; des sculptures, deux vitraux muraux et une série de quatre vitraux floraux.

L’univers artistique de Laure Forêt s’inspire de la matière organique, de la nature et d’expériences personnelles, le tout chez une artiste pluridisciplinaire où le vitrail n’a pas été sa formation première. Créer des œuvres en Tiffany vient de sa découverte pour les verres américains, leurs textures et leurs jeux de lumière, pour lesquels elle est «  tombée en amour  ».

Dans la pure tradition Tiffany, ces œuvres ont été créées à partir de chutes de verres d’autres de ses vitraux. Pour Jaillissement II, des chutes de verres transparents à matière ont permis de créer un véritable bijou et pour La Blessure, ce sont des verres américains qui ont été choisis pour une pièce composée de 9 modules de verres rouges éclatants. 

Les deux vitraux muraux, Icare et Narcisse,  détournent la fonction originelle du vitrail. En effet, ils sont prévus pour être placés au sol ou au mur et aucunement besoin de lumière traversante.  Les verres utilisés leur permettent d’exploser en lumière dans l’environnement dans lequel ils se trouvent.

Quatre Bloem (Bloum fleur en flamand) nous amène à découvrir la tradition florale dans le Nord de la France et des Flandres. Quatre fleurs représentées dans toute leur splendeur.  Chacune est créée avec des chutes de verres Tiffany opalescents qui ne nécessitent pas de lumière traversante. La magnificence de ces verres se suffit à elle-même.

Atelier Laure Forêt [ 2180 Anvers ]

Anaëlle Pann est installée depuis 13 ans au sein de l’atelier collectif Lengaï, à Paris, dans le 14ème arrondissement. Meilleure ouvrière de France en 2015 dans la catégorie vitraux d'art, option peintre sur verre, restaurateur, l’artiste s’intéresse au verre qu’elle aime questionner et étudier au travers de diverses techniques et expérimentations. 

Pour l’exposition, l’artiste a créé deux sculptures vitrail en Tiffany sur socle.  Ces pièces montrent une démarche résolument contemporaine et la pluridisciplinarité au travers différentes techniques.

Varech  renvoie aux algues échouées sur les rivages et aux rochers des plages du Finistère qui servent d’habitat à une flore et une faune très riche. Le varech s’étend à l’intérieur du vitrail. Le verre choisi pour ce vitrail est un verre blanc transparent à matière qui permet d’apporter une pureté et un jeu de lumière totalement différent qu’avec des verres teintés. D'autres matériaux ont aussi été utiisés : la pâte de verre, des morceaux d’ardoises et des perles de verre filées au chalumeau pour figurer la variété des petits bigorneaux multicolores (les littorines) retenus dans les aspérités des roches. 

Polypore est la représentation d’une famille de champignons qui se développe en strates sur les troncs d’arbres dans les sous-bois. Pour ce vitrail, il s’agissait de mettre en avant le relief et le côté très graphique des champignons. C’est pourquoi, Anaëlle Pann a choisi un verre opaque noir sablé, des touches de grisailles et de l’ardoise. Pour les strates, elles ont été créées en pâte de verre. Le tout donne à découvrir une œuvre très contemporaine pour une création en Tiffany, dont la technique permet l’utilisation de ces différentes matières.

 

Atelier Lengaï [ 75000 Paris ]

Salomé Crumière intègre l’Atelier collectif Lengaï à Paris en 2020. Spécialisée dans la création de bijoux, cette discipline lui offre une nouvelle approche des techniques vitrail, notamment à cause de la contrainte des petits formats.

Les cabinets de curiosités ont été l’inspiration pour créer ces quatre bijoux en intégrant de véritables ailes de papillon.

Les ailes de ces bijoux vintage proviennent de papillons morts de cause naturelles ou d’anciens cadres d’entomologie. En les enfermant entre deux plaques de verre, Salomé Crumière cherche à préserver leur beauté éphémère et à la transformer en un objet pérenne.

Des chaînettes en laiton ou en métal filigrané, des éléments ornementaux et des perles filées au chalumeau sont aussi rajoutés aux pièces Tiffany pour finaliser les bijoux.

Atelier Lengaï [ 75000 Paris ]

Installée dans la Drôme, Gaëlle David s’est intéressée depuis 10 ans au vitrail et à la technique Tiffany pour ses possibilités de volume. Dans un premier temps, elle expérimente un travail sur le buste en trois dimensions, selon les modèles de couturier. Ces premiers essais se font sur des bustes de présentation de lingerie qui donnent du mouvement et permettent un choix de postures. Par la suite, elle allège ses créations par la transparence, le vide et une harmonie des couleurs. Aujourd’hui, elle continue à créer des bustes mais aussi des lampes, des vases, dans ses thèmes de prédilection, la mythologie et les légendes.

L'Exposition présente 3 pièces, deux luminaires une lampe boule et une lampe colonne, et un demi-buste sur toile. 

La lampe boule Pilly Wiggin #2 est composé de deux volumes ajourés, une sphère à l’intérieur et une sphère ouverte à l’extérieur. Tel un cocon, cette pièce représente un œuf de fée oublié dans une coque de végétaux. Elle s’inscrit dans son travail sur la féerie et sa série Pilly Wiggin qui renvoie aux fées gaëliques, protectrices de la faune et de la flore.

La lampe colonne est, quant à elle, inspirée des terrariums. Construite avec du verre blanc à matière et du verre opaque, cette pièce nous laisse entrevoir un monde vivant à l’intérieur. Des papillons en Tiffany semblent se mouvoir dans un univers factice.

Sedna, le demi-buste sur toile,est la première pièce d’une nouvelle série sur le thème de la Mer.Sedna, déesse de la mer et figure mythique du peuple Inuit, serait à l'origine de la création des animaux marins. Entièrement ajourée, cette pièce est un véritable travail de couturière. 

 

Atelier Gaëlle David [ 26790 Suze-la Rousse ]

Nouvellement installée dans la Touraine depuis 2025, Aline Thibault a vécu à Toul en Meurthe-et-Moselle durant de nombreuses années. Formée au Centre Européen de Recherches et Formation aux Arts Verriers à Vannes-le-Châtel, elle y apprend les techniques vitrail avant de poursuivre le parcours concepteur créateur. Aujourd’hui, dans chaque projet développé, elle cherche à articuler le savoir-faire de l’artisan et la spontanéité de l’imprévu. Ce travail du savoir-faire artisanal et du hasard place les projets réalisés dans une logique d’objets uniques.

Le projet des Vitreries Fleuries vise à ouvrir les yeux sur la technique du vitrail Tiffany et à détourner le motif traditionnel de la vitrerie traditionnelle. Ce projet est inspiré du catalogue réalisé par Henri Carot en 1886, qui répertorie tous les styles de vitrerie que l’on retrouve à travers l’Europe. Traditionnellement, la vitrerie est un panneau en vitrail plomb composé de verre transparents et aux motifs géométriques.

Ici, Aline Thibault décompose ce motif avec des modules colorés et soudés en volume. Elle transforme la représentation initiale, géométrique et austère, en bouquet floral. Elle s’éloigne également de la finalité utilitaire de la vitrerie, conçue pour combler les ouvertures des fenêtres, pour proposer une création purement décorative.

 

Atelier Aline Thibault [ 54200 Toul ]

Isabelle Constant est installée depuis 25 ans dans le département de la Vienne. Aujourd’hui, son atelier est situé près de Châtellerault.

Pour Tiffany d’Aujourd’hui, Isabelle Constant a réalisé un film, présenté dans l’exposition, sur son programme religieux de vitraux Tiffany réalisé en 2002 pour l’Oratoire de la Communauté de Salvert à Migné-AuxancesEntretenu par la Congrégation Religieuse, connue sous le nom des Sœurs de Salvert, le site de Salvert est un lieu au service de l'accueil des plus fragiles. 

Un ensemble religieux entièrement réalisé avec la technique Tiffany est extrêmement rare en France.

Après avoir collaboré avec l’architecte Nicolas Bonnin de Poitiers, un ensemble de 15 vitraux sont placés dans l’Oratoire. Il se compose de 7 vitraux latéraux placés au ras du sol, de part et d’autre l’espace intérieur de forme ovale, et du vitrail central de la Vierge au-dessus de l’autel. Pour ses panneaux, Isabelle Constant a utilisé des verres soufflés et des verres Tiffany opalescents pour le vitrail central. La Vierge peut ainsi être vue avec et sans la lumière naturelle, car ces verres resplendissent avec la lumière du jour mais ils offrent l’avantage de rester visible la nuit.

Le choix des couleurs des verres ou encore l’iconographie résument visuellement les missions d’accompagnement des religieuses notamment auprès des enfants et familles fragilisées. Un chemin est représenté et il conduit au cœur de l’Oratoire où se situe la Vierge protectrice. Des visages se dirigent dans cette direction symbolisant les enfants et les adultes à la recherche de réponses. Et des oliviers sur leur cheminement, leur donnent la sagesse pour réussir.

 

Atelier Au Chant du Diamant [ 86100 Senillé Saint-Sauveur ]

Installé à Curzay-sur-Vonne en 2018, Serge Elphège pratique le vitrail depuis vingt ans. Il a choisi de développer une vision du vitrail comme un médium aux multiples facettes.

Le thème des Cinq Solides de Platon a été l’occasion de créer cinq pièces en Tiffany, toutes en verre blanc transparent pour symboliser la pureté du sujet. Chacune est accompagnée de son élément réalisé également en Tiffany.

L’hexaèdre, ou le cube, (6 facescarrées) symbolise la Terre. Le tétraèdre, de la famille des pyramides (4 triangles équilatéraux), symbolise le Feu. L’octaèdre, (8 triangles équilatéraux), symbolise l’Air. L’icosaèdre (20 triangles équilatéraux), symbolise l’Eau. Et enfin, le dodécaèdre, 12 faces pentagonales, a la particularité de contenir 375 fois le rapport du Nombre d’Or, aussi appelé la proportion divine* ! L’idée d’ordre et d’harmonie est donc omniprésente. Il est associé à l’Ether, ou Univers, l’élément qui relie le Tout.

La construction de ces solides en Tiffany est complexe. Car après avoir serti toutes les faces au ruban de cuivre, il s’agit de monter et souder à l’étain l’ensemble des faces en respectant la régularité des angles et les volumes des polyèdres.

Le Nombre d’Or est un concept mathématique appelé aussi divine proportion ou section dorée. Il a été utilisé notamment par Léonard de Vinci et matérialisé dans L’Homme de Vitruve. Il se caractérise par la lettre grecque phi (Φ) et se réfère à un nombre approximativement égal à 1,618. Il est mentionné pour la première fois dans l’Antiquité et fascine toujours autant depuis cette époque. Symbole de perfection et d’équilibre, il se trouve à la croisée des chemins entre sciences, art, architecture et spiritualité. Cette proportion incarnerait l’idée d’une certaine perfection universelle, présente dans la nature et inspirant nombres d’œuvres humaines. 

Atelier In Vitraux Veritas [ 86600 Curzay-sur-Vonne ]

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